Les Cheminots sous les fenêtres des ministres européens des Transports à Luxembourg le 7 juin 2018 !

 
Ce jeudi à midi, les cheminots français étaient venus manifester sous les fenêtres des ministres européens des Transports réunis en Conseil à Luxembourg. Leurs collègues luxembourgeois et belges étaient présents pour les soutenir.

Le centre européen des congrès du Kirchberg accueillait ce jeudi les ministres des Transports de l’UE, dont la française Elisabeth Borne.

L’occasion, pour les syndicats de cheminots français, de se faire à nouveau entendre, avec le soutien des syndicats luxembourgeois et belges, alors que les personnels de la SNCF menaient ce jeudi leur 27e journée de grève.

« On vient interpeller les ministres sur deux choses: la réforme ferroviaire en France, et la libéralisation générale des transports en Europe, qui conduit au dumping social et à l’effondrement du trafic par voie ferroviaire », explique Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, venu spécialement de Paris.

« C’est l’un des plus longs conflits qu’on ait connus dans l’histoire récente de la SNCF. On maintient notre position: cette réforme est mauvaise, elle va conduire à la réduction du service public ferroviaire et à la réduction des droits des salariés. »

« Que la ministre propose une sortie de conflit »

« On demande à la ministre de retirer cette réforme et d’engager de vraies négociations ou au moins de proposer une sortie de conflit. »

Les Luxembourgeois en soutien

Une douzaine de membres du Landesverband étaient place de l’Europe, avec drapeaux et mégaphones, pour soutenir leurs collègues français:  » Nous exigeons des conditions de travail correctes, un emploi garanti et un service au public de haute qualité », lance Georges Merenz, président du FNCTTFEL, à la foule.

« Tous ensemble nous devons nous engager pour garder les chemins de fer dans les mains du public. Regardez LuxTram: ici au Luxembourg, on a détourné le statut public et on a créé une société anonyme. »

« On soutient nos collègues français dans la lutte pour préserver le secteur public dans le ferroviaire en France et dans toute l’Europe. »

Un geste important, comme le confirme Laurent Brun

En Lorraine, le mouvement continue

« Sur le territoire lorrain, la mobilisation des personnels SNCF est encore importante, avec un plan de transport très réduit, et jusqu’à un TER sur cinq seulement sur certaines lignes », précise Sonia Pelissier, secrétaire général de la CGT Cheminots en Lorraine.

« Quant aux usagers, on a beaucoup communiqué depuis deux mois et demi, notamment en gare de Thionville, qui est une zone très sensible car il y a un grand nombre de frontaliers qui vont travailler au Luxembourg, mais sur cette grève-là, ils ont bien compris la lutte des cheminots et nous soutiennent. »

L’exception luxembourgeoise

A l’ordre du jour du conseil: la proposition d’un nouveau règlement pour préserver la concurrence dans l’aérien et l’impôt sur le paquet mobilité pour « déréguler un peu plus le transport routier » selon la CGT.

« L’inter-fédérale a prouvé que le gouvernement français pouvait s’appuyer sur des exceptions prévues dans le texte européen pour ne pas ouvrir à la concurrence en France. C’est son choix politique de le faire. »

« Ces exceptions ont été introduites sous la pression des pays comme le Luxembourg qui ne souhaitait pas que leur système ferroviaire soit soumis au grand marchandage européen », déclare le secrétaire général de la CGT.

Quelle suite?

Après l’adoption en première lecture du projet de loi à l’Assemblée en avril, puis mardi au Sénat, les deux versions de la réforme ferroviaire seront examinées lundi par les parlementaires d’une commission mixte paritaire (CMP).

S’ils trouvent un texte de compromis, hypothèse la plus probable, l’Assemblée en débattra le 13 juin et le Sénat le lendemain. L’objectif est de peser sur la fin du circuit législatif de la réforme et les étapes suivantes: les négociations de la convention collective nationale de la branche ferroviaire et celles au sein de la SNCF.

Les quatre syndicats représentatifs prévoient un nouveau temps fort unitaire mardi prochain: une Journée de la colère cheminote.

https://www.wort.lu/fr/luxembourg/400-cheminots-au-kirchberg-contre-la-privatisation-du-rail-5b19409ac1097cee25b8ac21

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